Article publié le 26 avril 2009, dans le journal El Comercio de Lima, Pérou. À l'heure actuelle, nous l'offrons dans la version française.
En 1897, Pedro Paulet avait idée un vaisseau spatial avec de moteurs-fusées à ergol liquide. Il l’a révélé dans une lettre publiée à El Comercio en 1927 lorsqu’en Europe la Société Astronautique Allemande avait initié ses recherches.
Álvaro Mejía S.*
La basilique Santa Rosa de Lima reste imposante sur la colline San Cristóbal. Un hurlement vient du ciel. C’est l’avion-torpille que décrit un cercle au-dessus de lui et descendre sur la lagune artificielle formé au moment d’endiguer la rivière Rímac. Au moment qu’il se plonge, les eaux rentrent à leur niveau et retourne la calme.
La scène vient de l’imagination de Pedro Paulet. Il a crée l’Avion-Torpille entre la France et la Belgique, entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, quand Jules Verne vivait. Le Projet pour l’Urbanisation et l’Embellissement du Nord de Lima, couronné par l’Eglise de Santa Rosa dans le sommet de San Cristobal, Paulet l’a terminé en Hollande en 1932, en plein essor de la science-fiction.
La science-fiction oui, la fantaisie pure non. Le dessin de l’Avion-Torpille a captivé aux experts aérospatiaux allemands de la fin des années 1920 par son system de décollage vertical, grâce aux moteurs-fusées mis dans la base de leur aile delta -aile que, au moment de pivoter, permettait voler horizontalement-. Malheureusement, les allemands ont adapté les moteurs-fusées pour les appliquer aux missiles V2 dans la Seconde Guerre Mondiale. Toutefois, en 1969, les mêmes scientifiques appliqueraient ces principes dans l’Apollo 11, en misant à l’homme dans la Lune.
Un interocéanique?
Le projet urbanistique de Paulet avait comme noyau la colline San Cristóbal. De là partiraient trois routes: une vers le Callao, comme entrée pour les visiteurs étrangers, autre vers le Cusco –en joignant l’ancien et nouveau capital du Pérou-, et une troisième vers l’Amazonie pour faciliter le peuplement de notre forêt par des immigrants européens. Cette voie se joindrait avec une autre construite par le Brésil pour réussir une sortie vers l’Atlantique.
Paulet croyait que l’investissement dans les ouvres serait dépassé largement pour les revenus du tourisme que amènerait la Basilique de la Patronne des Amériques et des Philippines, Santa Rosa de Lima. Il l’imaginait comme le monument le plus grand du monde, capable d’être apprécié depuis le ciel, la mer et la terre. En ayant à la colline San Cristóbal comme piédestal, la basilique serait comme la Statue de la Liberté aux Etats-Unis. En tant que l’aviation donnerait à l’homme un nouveau point de vue, les monuments -disait-il- devrait avoir non seulement harmonie verticale, mais encore harmonie horizontale. Il croyait que des monuments comme l’Eglise de San Pedro au Vatican, le Musée du Louvre à Paris ou le Palais de Westminster à Londres, n’étaient pas privilégiés vus du haut du ciel.
Un Pionnier
Né à Arequipa en 1874, Paulet a été éduqué par un prêtre français de l’Ordre de Saint Vincent de Paul, Hippolyte Duhamel. Celui-ci a découvert son talent pour l’art et la science, et lui avait proposé pour une bourse à l’Institut de Chimie Appliquée, à Paris. Ainsi, Paulet est parti pour l’Europe dans un moment clé du développement scientifique mondial, dans la transition du siècle XIX à au XX.
Lorsque le cinéma commençait, Paulet inventait son moteur-fusée. En 1902, pendant Georges Méliès projetait pour la première fois Voyage vers la Lune, film que se moquait des essayes de l’homme pour arriver sur la Lune, le péruvien signait le dessin de son vaisseau spatial. De retour au Pérou, dans la première décennie du XXe siècle, il a formé partie du débat -avec le savant Federico Villarreal et d’autres- sur lequel le vaisseau militaire convenait le plus pour le Pérou. Son projet de vaisseau qui vole n’a pas eu du succès. Il l’a gardé, cependant, jusqu’aux meilleurs temps arrivent. Ceux-ci sont arrivés en 1927 quand El Comercio a publié un article qui éloge le dessin d’un vaisseau spatial du scientifique Max Valier, de la Société Astronautique Allemande. Paulet, qui était en Europe, a envié au journal une lettre où il expliquait pourquoi son vaisseau spatial était mieux que celle de Valier. Cela n’a pas eu du succès au Pérou, mais en Allemagne.
Max Valier proclamait Paulet pionnier de l’ère spatiale. La Société Astronautique Allemande lui a proposé de construire son vaisseau. Paulet a voulu amener les scientifiques allemands au Pérou. Toutefois, due au crac de 1929, Valier a cherché le financement du politique de mode, Adolph Hitler. Paulet a préféré s’éloigner, mais il était déjà tard: les allemands ont perfectionné le moteur-fusée et ont fabriqué les missiles de guerre V2. Après, en travaillant pour la NASA, ils ont appliqué les mêmes principes vers leurs vaisseaux spatiaux.
Aucun des grands projets que Paulet a développé pour le Pérou n’ont été mis en pratique. Notre scientifique est mort en 1945 sans voir à l’homme marcher sur la Lune. Mais on est sur que son esprit était là, encourageant ce grand saut pour l’humanité.
La dette avec Paulet
En 1969, lorsque l’homme a marché sur la Lune, Frederick Ordway III, historien de la NASA, a affirmé qu’il n’y avait des preuves que Paulet avait inventé en 1897 le moteur-fusée à ergol liquide avec lequel a été possible l’exploit. Donc l'américain Robert Goddard a été reconnu comme le pionnier. On disait, que Goddard avait été copié par les allemandes pour les dessins des missiles V2. Cependant, ce dernier a été déjà rejeté et des importants auteurs reconnaissent aujourd’hui que Paulet a été le premier qui a parlé sur l’acide picrique comme ergol liquide et du système pour qui celui-ci allait dans le moteur. Des autres voient dans son dessin de l’Avion-Torpille un antécédent du transbordeur actuel. Finalement, la NASA lui a rendu plus d’une reconnaissance, mais l’exposé d’Ordway continue en circulation sur l’internet. C’est le moment d’acquitter la dette que l’histoire a avec Paulet.
*Membre de l’Institut des Etudes Historiques Aérospatiaux de la FAP au Pérou.